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Versus : Catwoman / Elektra
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Deux films de super-héroïnes ayant marqués de par leur mauvais goût et un flop critique et public à la clé s’affrontent aujourd’hui dans notre Versus avec une question qui brûle les lèvres (et les yeux) : qui est réellement le moins pire des deux ?

Catwoman et Elektra ont beau avoir une année d’écart, ces deux films ont pourtant connu des destins similaires, et un développement plus que compliqué. D’un côté, la célèbre femme-chat, cambrioleuse déchirante sous les traits de Michelle Pfeiffer dans Batman le Défi de Tim Burton aurait dû en reprendre la même équipe, avant que le succès de Batman Forever, et de celui, moins retentissant, et accompagné d’un four critique complet de Batman et Robin ne viennent changer la donne. Le projet Catwoman continue pourtant d’exister, et passera même par deux interprètes qui refuseront poliment le rôle, Ashley Judd, vue dans le Heat de Michael Mann et Nicole Kidman, qui peut en plus jouer sur l’excuse de ne pas vouloir semer le trouble pour avoir joué dans Batman Forever sous les traits du Dr Chase Meridian. Le film sera ensuite repris le français Pitof, à qui l’on doit notamment son travail sur les effets spéciaux d’Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet et Vidocq avec Gérard Depardieu et Guillaume Canet. Mais rien ne se passe comme prévu, et les producteurs rejetteront en bloc les retouches scénaristiques du réalisateur français avant que le film ne soit présenté lors de projections-test désastreuses et de multiples reshoots un mois avant sa sortie. Et le résultat est sans appel : pour quelques centaines de millions de dollars investis, Catwoman n’en rapportera en tout et pour tout que 82 au box-office international.

Pour Elektra, le constat est similaire, et le film, dérivé du Daredevil sorti deux années auparavant, qui n’avait pourtant pas connu un succès retentissant, est crée dans la panade alors que son actrice, Jennifer Garner, n’a que dix semaines de disponible avant de retourner sur le tournage de sa série Alias. Le réalisateur, Rob Bowman, déjà à l’œuvre sur The X-Files : Le film, confiera même à Regard Critique qu’il n’avait jamais lu de comics auparavant. 43 millions de dollars investis, 56 millions rapportés, et le même constat d’échec que pour Catwoman, à cela de près que son actrice principale, n’a pas comme Halle Berry eu l’honneur d’être détentrice à la fois d’un Oscar et d’un Razzie Awards pour sa prestation de femme-chat. Mais alors, après tout ça, qui est vraiment le pire ?

La fidélité avec le comics


Alors que dans le Daredevil de Mark Steven Johnson sorti en 2003 Elektra paraît en tenue noire, le film de Rob Bowman décide d’être plus fidèle aux comics de Frank Miller en lui redonnant sa tenue rouge. Cependant, pour le reste, tout cela est plus compliqué. Alors que l’héroïne demeure intimement liée à Daredevil, cette dernière se trouve ici mise en scène en tant que tueuse à gages, mais son talent ne se trouvera mis en scène que lors de la scène d’introduction, le film choisissant étrangement de s’axer sur son trouble psychologique et sur la protection (ridicule) d’une élue censée rétablir l’équilibre de la Force dont Elektra se trouvait être l’héritière à l’époque, et dont La Main, une organisation criminelle voudrait bien s’accaparer. Ainsi, si l’on retrouve Stick, formateur de Daredevil et d’Elektra qui a au moins le mérite d’être campé par l’égaré Terrence Stamp, Kirigi, boss ultime et mystérieux, est ici complètement insipide, les affreux effets spéciaux et un scénario en pilote automatique ne cherchant même pas à cacher ses faramineuses lacunes qui ne restituent jamais le grandiose de l’héroïne. Les combats se trouvent rapidement exécutés, noyés sous une bouillie infâme d’effets spéciaux déjà datés pour l’époque, qui exploseront dans une affreuse (et interminable) scène de labyrinthe habitée de serpents numériques. Donc si les personnages originels sont bien là, c’est pour en faire absolument n’importe quoi.

” Tiens Kirigi, prends toi un coup de fourchette “

Dans Catwoman, l’héroïne ne porte même pas le nom de Selina Kyle mais de Patience Philipps, dessinatrice de mode qui manque de confiance en elle et laissée pour morte alors qu’elle découvre un complot organisé par son entreprise, une société de cosmétiques dirigée par Lambert Wilson et sa femme campée par Sharon Stone. On ne peut s’empêcher de voir dans le choix de Catwoman une vision plus proche de celle que Tim Burton avait développée dans son génial Batman Le Défi, à savoir celle d’une femme écrasée et discrète qui après sa mort provoquée par ses véreux dirigeants exercera au contact d’une bande de félins une véritable réappropriation de son corps et sa vie. Si cette dernière, superbement incarnée par Michelle Pfeiffer, parvenait à distiller le trouble malgré sa tenue en latex. Pitof fait quand à lui le choix vulgaire du cuir au détour d’une enquête surréaliste et d’une démonstration hideuse des pouvoirs de son héroïne, notamment au cours d’une surréaliste scène de basket qui fera sûrement mémoire de par ses effets visuels et de montage suscitant directement une sacrée migraine. Aucun personnage de l’univers de l’héroïne n’est ici à noter, tant cette adaptation libre, hideuse et malaisante, qui se verrait plus comme une métaphore de la carrière de Sharon Stone, ici mise en face de ses envies de rôles d’éternelle jeune première refusant à tout prix d’accepter son âge.

Victoire pour Elektra.

Les scènes d’action


Sacrée tâche que de confronter ces deux films qui ont choisi de faire du mauvais goût leur marque de fabrique. D’un côté, la caméra folle de Pitof ne semble jamais se démonter sur les efforts consécutifs de manque total de lisibilité et d’infâme laideur qui font de chacune des pirouettes de son héroïne des expéditions vomitives. L’on retiendra cependant quelques véritables sommets, telle cette scène de fête foraine où Catwoman en civil devra sauver un petit garçon d’une grande roue chancelante, où le manque effarant de moyens pour ce ridicule décor ainsi que les grossiers effets de caméra finissent de retirer à cette scène toute tension, la menant tout droit vers le ridicule déjà indépassable d’une sidérante scène de basket que l’on vous remet, rien que pour le plaisir déviant, juste ci-dessous. Preuve s’il en fallait une que si Catwoman ne se démonte jamais, le film de Pitof se plaît ici à atteindre les limites du ridicule et du mauvais goût avec une gourmandise complètement surréaliste.

De l’autre côté, Rob Bowman ne semble jamais à l’aise avec ses combats charcutés, exécutés à la va-vite et noyés sous d’affreux effets spéciaux qui donnent au moins le mérite à Elektra de ne susciter, si ce n’est aucune migraine, qu’une indifférence complète et polie à un film qui choisit de se poser à l’opposé complet du caractère de son héroïne. Ainsi, même si Elektra frise de peu les sommets de Catwoman dans une scène de forêt ahurissante de laideur, le film de Rob Bowman choisit cependant la fuite vers des scènes coupant net avec le caractère aventureux de son héroïne. Du long ennui ressenti après la scène d’introduction (seule scène réussie du film) censé mettre en scène le trouble d’Elektra jusqu’à l’éternel fuite en avant d’un film, qui comme son héroïne semble vouloir fuir ce projet puant, rien ici ne semble pensé pour être jouissif mais plutôt complètement désincarné. Même pour la rigolade et dans un second degré alcoolisé partagé avec une bande d’amis, Elektra s’avère frustrant, n’osant jamais prendre de front les maigres possibilités que le film tente d’offrir à l’héroïne.

Avec d’un côté la migraine, et de l’autre l’indifférence, le choix se fait donc plus que compliqué. Match nul donc, au sens propre comme au figuré.

Le casting


De l’Oscar de la Meilleure Actrice en 2002 pour À l’ombre de la haine au Razzie Awards, qu’elle ira même chercher en personne, il n’y a qu’un pas et Halle Berry en a malheureusement fait l’expérience. S’investissant dans le rôle jusqu’à faire appel à une chorégraphe pour trouver une démarche féline à Catwoman, l’actrice semble ici présente contre vents et marées, impliquée de bout en bout dans ce projet malade. Accompagnée par Lambert Wilson, cabotinant jusqu’à l’excès et reprenant de peu son rôle du Mérovingien de Matrix Reloaded, de la pourtant bouleversante Frances Conroy remarquée dans le sublime série HBO Six Feet Under servant ici de folle aux chats mystique et d’une Sharon Stone relisant sa carrière contre son propre gré, Catwoman s’avère aussi mauvais pour l’écriture de ses personnages, enfermés dans de pauvres stéréotypes si chers au blockbuster hollywoodien. Du pauvre Benjamin Bratt, ici réduit à un rôle de flic insipide à Alex Borstein campant la meilleure amie vulgaire de l’héroïne, tout ce petit monde s’avère ici tout simplement détestable car montré sous des traits aussi outranciers qu’insipides, n’arrivant malhreusement pas à dépasser les rôles de très maigres éléments scénaristiques dont le film se contrefout royalement.

Sharon Stone, réelle héroïne de Catwoman ?

Même constat d’échec pour Elektra, qui au-delà de ses représentations de personnages ratés pouvait cependant offrir aux acteurs quelques réelles zones de jeu. Jennifer Garner se contentera ainsi d’user d’une moue peu inspirée pour jouer le doute et le tiraillement de son héroïne, tandis que Kirigi n’aura qu’à froncer les yeux face à Kirsten Prout (oui oui, c’est son nom), jouant une adolescente aux pouvoirs incompréhensibles tout bonnement irritante accompagné de son impassible père campé par Goran Višnjić. Si l’on pourra ainsi noter la présence notable du grand Terrence Stamp, bouleversant quelques années auparavant dans L’Anglais de Steven Soderbergh, l’acteur se contentera ici de cabotiner pour empocher son chèque dans le rôle de Stick. Quand le ton désincarné d’un film va même jusqu’à ses acteurs, l’on peut au moins se dire que l’ensemble se trouve empreint d’une certaine fidélité.

Match nul.

Le coup fatal


Et donc, que retenir de l’affrontement de ces deux mauvais films ? Déjà que la notion de simple navet et de réel nanar peuvent ici clairement s’affronter. Elektra incarne clairement le rôle du navet, à savoir du film fait pour les mauvaises intentions crachant clairement sur son héroïne et n’assumant jamais sa stupidité au point d’en devenir aussi lisse qu’oubliable. De l’autre côté, Catwoman fait véritablement figure de délire jouissif où la débilité crasse et vulgaire assumée le range plus aisément dans la catégorie des véritables nanars. Même sous l’égide d’un gros studio, Pitof semble ici exercer l’étendue de son talent immodéré pour le mauvais goût en le poussant jusqu’à ses plus effarantes limites. Délire aussi vulgaire que vomitif, Catwoman peut ainsi pleinement remplir son rôle de catastrophe industrielle et artistique en ayant même la chance de se retrouver chroniqué chez les fabuleux Nanarland.

Ainsi, s’il s’agit ici de choisir le moins pire deux, notre choix s’orientera ici vers le plus sage Elektra, qui n’offre cependant jamais les tranches de rigolade en barres offertes par son concurrent Catwoman. Si ce dernier gagne haut la main le titre du plus mauvais élève, on ne pourra s’empêcher de lui trouver beaucoup plus de personnalité et un amour complètement déviant et assumé. Parce tant qu’à offrir un véritable étron cinématographique, autant s’arranger pour qu’il ne soit jamais trop loin d’une litière.

Catwoman est disponible en VOD, DVD et Blu-ray. Elektra est disponible sur Prime Video, en DVD et Blu-ray.

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