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Que retenir du Monster-Verse avant la sortie de Godzilla vs Kong ?
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Alors que la bande-annonce de l’affrontement entre King-Kong et Godzilla a fait le tour de web en nous faisant (presque) oublier un début d’année encore plus incertain que le précédent, on revient sur le Monster-Verse initié en 2014 avec Godzilla.

Beaucoup de studios se sont cassés les dents sur des envies d’univers cinématographique connecté inspiré par le succès tonitruant du Marvel Cinematic Universe. Dans cette bataille, on retiendra les petits anges partis trop tôt du DCEU de DC Comics et Warner Bros après le four de Justice League et le succès relatif de Batman V Superman : L’Aube de la Justice et du Dark Universe, éteint dès l’arrivée par le flop de La Momie avec Tom Cruise d’Universal Pictures. Annonçant dès le départ son prestigieux casting avec Johnny Depp, Tom Cruise, Javier Bardem, Russel Crowe et Sofia Boutella, les envies pressantes et ambitieuses d’Universal Pictures se sont rapidement soldées par un échec, aujourd’hui passé entre les mains moins risquées du studio Blumhouse qui s’entend redynamiser avec modernité le bestiaire fantastique du studio avec le succès d’Invisible Man et le prochain reboot de Dracula.

Le Dark Universe, une promesse tuée dans l’œuf malgré son prestigieux casting

D’entre ces décombres, Legendary Pictures s’allie avec Warner Bros pour lancer son Monster-Verse en 2014 avec le Godzilla de Gareth Edwards et un succès au box-office à la clé qui se développera ensuite avec l’annonce de Kong : Skull Island, Godzilla II : Roi des Monstres et un affrontement promis entre King-Kong et Godzilla. Si le studio capitalise sur les monstres maisons de la Tōhō, grand studio de production japonais qui avait déjà initié une franchise sur Godzilla qui compte aujourd’hui près de 32 longs-métrages, dont un affrontement entre King-Kong et Godzilla déjà mis en scène en 1962 par Ishirô Honda, à qui l’on doit également le Godzilla originel, la firme entend créer son propre univers, avec la volonté affichée de faire différemment de ses aînés tout en n’oubliant pas de leur rendre un hommage enamouré. On revient donc sur ses trois films, de leur réussite, et surtout, de leur ratés.

Godzilla (2014)


Ça raconte quoi ? En 1999, aux Philippines deux chercheurs de la mystérieuse organisation Monarch découvrent deux spores fossilisés accrochés au squelette et que quelque chose s’est extrait de l’une d’entre elles pour gagner l’océan. En parallèle, un scientifique perd sa femme lors d’une secousse faisant imploser l’un des réacteurs de la centrale nucléaire dans laquelle ils travaillent. 15 ans plus tard, resté obsédé par ce tragique évènement, le scientifique et son fils découvrent que ses secousses étaient dues à une créature étroitement surveillée par l’organisation Monarch….

© Warner Bros, Legendary Pictures, Tōhō

Pourquoi c’est un début prometteur : Lorsque Gareth Edwards est choisi pour mettre en scène Godzilla, le réalisateur du futur Rogue One : A Star Wars Story ne s’est alors fait remarquer qu’avec Monsters, film de monstres déjouant perpétuellement les attentes du spectateur en jouant habilement avec le genre auquel il s’attaquait. Godzilla en est ainsi une continuité logique : à l’instar de ses successeurs, le metteur en scène prend ici un malin plaisir à faire durer l’attente de l’apparition de son monstre en prenant un soin tout particulier à mettre en scène ses personnages. Campés par Bryan Cranston, Juliette Binoche, Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe (qui servira de lien entre les deux longs-métrages dédiés à Godzilla), Sally Hawkins et Elizabeth Olsen, Godzilla prend ainsi le temps d’opposer la puissance de la nature à l’impuissance de l’homme au détour de plans aussi beaux qu’aboutis. Rendus impuissants où succombant rapidement à une situation qui les dépasse, les hommes sont ainsi montrés au cœur d’une lutte inégale, notamment au détour d’un saut en avion sur des airs de 2001 : A Space Odyssey où des soldats plongent véritablement dans les ténèbres d’une situation qui les dépasse complètement.

Pourquoi pour le Monster-verse, c’est plus compliqué : Même si le fondateur de Legendary Pictures, Thomas Tull, rêvait dès le départ d’un univers partagé de l’aveu du scénariste Max Borenstein en vue d’un affrontement entre King Kong et Godzilla, c’est ici plus compliqué. Seuls Ken Watanabe et Sally Hawkins servent de représentants à Monarch, agence gouvernementale secrète censée surveiller le développement des fameux Monstres, véritable lien entre les trois films ici représentés aussi rapidement qu’inutilement. Parce que l’intérêt de Gareth Edwards semble ailleurs, le réalisateur n’offre ici que trop peu d’intérêt à ce qui paraît ici comme un fil conducteur maladroit, que le réalisateur ne se contentera presque que de poliment mentionner, comme une obligation de cahier des charges censée servir de lien au Monster-Verse qui n’attendra que le succès du film pour véritablement se lancer.

Un Bryan Cranston convaincant

Et niveau box-office ? Si l’intérêt est ici toute autre, sans aucune apparition de fameuse scène post-générique, le film est cependant une réussite critique et publique, et pour 160 millions de dollars investis, le film en récolte 530 dans le monde. Le public est au rendez-vous, les envies d’univers partagés peuvent donc maintenant être pleinement justifiées.

Kong : Skull Island (2017)


Ça raconte quoi ? En 1973, William Randa, représentant de l’organisation Monarch, monte une équipe pour se rendre sur une île reculée de l’océan Pacifique, surnommée Skull Island. Mais personne ne sait que l’île en question est le repaire de multiples monstres, dont le légendaire King Kong. L’exploration se transforme rapidement en mission de survie.

© Warner Bros, Legendary Pictures, Tencant Pictures

Pourquoi cela se concrétise officiellement en Monster-verse ? Thomas Tull, fondateur de Legendary Pictures en rêvait, et fort du succès de Godzilla, peut enfin l’annoncer au Comic-con de San Diego en 2014. Après avoir acquis les droits des monstres Mothra, Rodan et Ghidorah, et s’être séparé d’Universal Pictures pour annoncer son reboot de King-Kong, le producteur envisage ce dernier comme faisant pleinement partie d’un univers partagé baptisé le monster-verse. Si ce dernier s’avère également un fan inconditionnel du King-Kong de 1933, le choix du jeune réalisateur Jordan Vogt-Roberts qui n’a pour fait d’armes que quelques épisodes de séries et The Kings of Summer laisse ici présager d’un choix à la Marvel, à savoir d’un jeune metteur en scène pouvant pleinement se plier aux désirs de franchise d’un studio tout-puissant. À des années lumières de la torpeur et de l’invention de ses aînés, ce Kong : Skull Island se veut ainsi aussi décomplexé et coloré qu’un opus du Marvel Cinematic Universe, en reprenant même ses acteurs phares avec la présence de Tom “Loki” Hiddleston en tête d’affiche, Samuel “Nick Fury” L. Jackson, Brie Larson, future Captain Marvel ainsi que John C. Reilly, acteur venu de la comédie et du film indépendant alors apparu dans Les Gardiens de la Galaxie.

Pourquoi ce n’est au final qu’un film de transition ? Kong : Skull Island prend ici le total contre-pied du Godzilla de Gareth Edwards en dévoilant son gorille géant dès les premières minutes de son introduction. Au milieu d’une galerie de personnages écrite à la truelle, ne servant ici que de simples stéréotypes aussi bourrins que le ton du film, le film de Jordan Vogt-Roberts perd en émotion ce qu’il gagne en efficacité, seul vrai mérite de cet épisode de transition dénué de profondeur et faisant s’opposer des créatures aussi hideuses qu’impersonnelles dans des scènes d’action filmées à la va-vite avec le plus de style possible pour tenter de garder le ton pop-corn de l’ensemble. Et en plus d’y être présenté dès ses balbutiements, l’organisation Monarch se paye même une scène post-générique, annonçant au passage les récents achats Mothra, Rodan et Ghidorah de son producteur Thomas Tull accompagnés du cri de Godzilla.

Ceci n’est pas un Marvel

Et au niveau du box-office ? Ce Kong : Skull Island surpasse son aîné radioactif avec un budget de 185 millions de dollars qui se voit aisément remboursé par une recette de près de 561 millions de dollars amassés au box-office mondial. Le combat tant espéré entre Kong vs Godzilla peut enfin se concrétiser pour une sortie annoncée en mars 2020.

Godzilla : King of Monsters (2019)


Ça raconte quoi ? 5 années après Godzilla, l’agence crypto-zoologique Monarch fait face à l’apparition de monstres titanesques, à savoir Godzilla, Mothra, Rodan et le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. En parallèle, la paléobiologiste Emma Russell, employé de Monarch, est toujours traumatisée par la mort de son fils Andrew en 2014. Cette dernière a mis au point l’Orca, jadis imaginé avec son ex-mari Mark, une machine qui permet de capter et reproduire les signaux émis par les Titans. Son invention attire les convoitises d’un groupe d’écoterroristes mené par Alan Jonah, un ancien colonel de l’armée britannique.. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater. Alors qu’elles cherchent toutes à dominer la planète, l’avenir même de l’humanité est en jeu…

© Warner Bros, Legendary Pictures, Tōhō

Pourquoi le film tente de retrouver le ton de Godzilla : Étonnamment, le choix pour cette suite de Godzilla s’oriente vers un réalisateur venu de l’horreur en la personne de Michael Dougherty, scénariste sur X-Men 2 et Superman Returns repéré à la mise en scène avec Trick’r’Treat et Krampus. On laissera donc (normalement) le ton décomplexé vu dans Kong : Skull Island de côté pour une suite plus fidèle au film de Gareth Edwards, qui remet ici au centre une famille de scientifiques de Monarch détruite par l’arrivée de Godzilla, y ayant perdus l’un de leurs enfants. Campés respectivement par Vera Farmiga, Kyle Chandler et Millie Bobby Brown, cette suite ne tient pourtant rapidement pas la comparaison face à son aîné à cause d’un scénario multipliant les ridicules allers-retours d’une galerie de personnages jamais approfondis et dont la bêtise les rend rapidement détestables. Noyé sous un filtre bleu aussi étouffant que criard, ce Godzilla II : King of Monsters parvient ainsi à rapidement diluer tout le plaisir bourrin lié à cet affrontement dantesque entre monstres géants.

Pourquoi c’est raté jusqu’à sa scène post-générique ? Parce qu’il est peu dire que le film de Michael Dougherty se prend beaucoup trop au sérieux pour pleinement décoller vers le plaisir de destruction totale promis par ses Titans pour s’orienter vers des dialogues nébuleux et agissements aussi incompréhensibles que grossiers. Même si certains seconds-rôles sont là pour servir de sidekicks comiques, l’ensemble réduit même à néant la disparition de l’un des ses protagonistes principaux. Bête, laid et affreusement lourd, Godzilla II : King of Monsters rate le coche et nous avoue même dans sa scène post-générique qu’il ne sait quoi nous raconter, à part peut-être nous révéler un maigre indice supplémentaire qui pourrait s’ajouter à l’intrigue de Kong vs Godzilla, que l’on espère tout de même beaucoup plus jouissif que ce film raté qui semble sans cesse rater le coche de sa promesse initiale.

L’ascenseur du scénario, qui revient pour le douzième fois au premier étage

Et niveau box-office ? Pour une fourchette officielle “avoisinant” les 200 millions de dollars (ne prenant pas en compte les frais partagés liés à la coproduction entre Legendary Entertainement, Warner Bros et Huahua Media) , le film n’en a hélas rapporté qu’environ 386 millions dans le monde. Si l’on est loin des plus de 500 millions de dollars amassés par ses aînés, l’on peut ici clairement affirmer que l’intérêt du public s’étiole.

Conclusion-verse


Lancé sous les meilleures auspices avec un film dénué d’envie d’univers prolongé qui se montrait aussi intelligent que respectueux de sa créature, le monster-verse de Thomas Tull s’est ensuite emballé pour tomber dans une surenchère aussi impersonnelle que vide. Les choix se font hasardeux et en totale contradiction, en lorgnant clairement du côté de Marvel pour rater son expédition vers Skull Island et correctement introduire son King-Kong. Même filmé en pleine crise d’adolescence accompagné des débuts de Monarch, pour ensuite tenter de retrouver le premier degré et l’affrontement dantesque du Godzilla de Gareth Edwards pour un second volet aussi bête qu’ennuyeux. Le Monster-verse, en plus de ne savoir sur quel pied danser s’avère cruellement manquer de cohésion et de réelle identité. L’on espère, au vu des premières images de Kong vs Godzilla, que l’univers promis par Legendary Pictures saura, une fois atteint son but tant espéré, enfin s’assumer et ne pas rater le coche d’un affrontement qui a tout pour redonner à cette année 2021 un peu de sa superbe.

Les premières images semblent en effet donner la part belle à des combats lisibles mis en scène avec l’ampleur tant espérée, tout en n’oubliant pas d’introduire de nouveaux personnages qui on l’espère renoueront avec la qualité de Godzilla plutôt que les piteuses incarnations de Kong : Skull Island et Godzilla II : King of Monsters. Perpétuellement pris entre un premier degré sentencieux et une tentative d’humour et de décomplexion qui s’est avérée tomber à plat, il sera plus que jamais temps au Monster-verse de convaincre dans un tour de piste qui s’avère plus que crucial pour son avenir d’univers partagé.

Une centrale nucléaire contre un gorille géant

Godzilla vs Kong devrait (normalement) sortir le 17 mars 2021.

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