Critique

Godzilla vs Kong : Rendez-vous monkey
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Deux rois. Un seul trône.

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Godzilla vs Kong nous était promis depuis Kong : Skull Island comme le point d’orgue du Monter-Verse initié par le Godzilla de Gareth Edwards il y a déjà 6 années. Une promesse malheureusement à moitié tenue, consciente des erreurs de son houleux prédécesseur.

Dans le monde des univers partagés, beaucoup de studios s’y sont cassés les dents. On ne se permettra pas de déterrer le souvenir à peine évoqué du Dark Universe promis par Universal, aussitôt tué dans l’œuf par le flop de La Momie avec Tom Cruise, ainsi que celui du DCEU, ressorti des lymbes par Zack Snyder et une horde de fans enamourés. Adopter la recette gagnante du Marvel Cinematic Universe avec les créatures légendaires de la Tōhō n’était pourtant pas une idée vaine, portée par le rêve d’un homme, Thomas Tull, fondateur de Legendary Pictures. Pourtant, si le départ fut accueilli avec bienveillance au box-office, avec les succès consécutifs de Godzilla et de Kong : Skull Island, l’affreux Godzilla II : Roi des Monstres aura laissé beaucoup de monde de côté, à juste titre.

Attentes du spectateur frôlant le film / © Legendary Pictures, Tōhō, Warner Bros

Parce qu’il est difficile de trouver une véritable cohérence entre les trois longs-métrages proposés, entre le combat perdu d’avance entre l’homme et la nature défendu par Gareth Edwards, le sous-Marvel Kong : Skull Island et un Godzilla II : Roi des Monstres tentant d’assembler la tambouille dans un spectacle désastreux sur tous les points. Kong vs Godzilla s’avère donc sonner comme une conclusion fédératrice avec la promesse d’un opus ayant encaissé les erreurs de ses prédécesseurs et la rencontre entre deux créatures mythiques au cinéma remontant à près de 60 ans.

Délaissant Michael Dougherty, à la tête du carnage Godzilla II : Roi des Monstres, c’est donc Adam Wingard, dernièrement responsable des remakes de Blair Witch et de Death Note (et prochainement de Volte/Face) qui s’occupe de filmer ce sommet de poésie, et si quelques défauts inhérents au Monster-Verse s’atténuent, on ne peut cependant pleinement savourer une promesse qui s’avère non-tenue

Combat manqué


Là où le Godzilla de Gareth Edwards brillait de par son formidable casting à offrir un tant soit peu de profondeur à ses protagonistes, cette partie demeurait bien plus lourdingue dans Kong : Skull Island jusqu’à faire définitivement boîter Godzilla II : Roi des Monstres. Ainsi, si le film lançant le Monster-Universe se jouait des apparitions de sa mythique créature avec un véritable discours de fond, sa suite semblait faire presque tout pour stopper net le côté jouissif de l’affrontement de ses nombreuses créatures, que ce dernier soit parasité par ses inutiles personnages où un hideux filtre bleu.

Godzilla vs Kong s’encombre ainsi moins d’offrir à ses personnages un minimum dé vécu, se contentant de les réduire qu’à de simples éléments de scénario. Si leurs allers-retours et leurs destinées respectives s’avèrent toujours aussi ratés, les acteurs sont cependant moins inutilement mis en avant, comme si les erreurs passées opérées sur le précédent opus semblaient avoir étés prises en compte.

Bon ça c’est fait / © Legendary Pictures, Tōhō, Warner Bros

Pourtant, Godzilla vs Kong caresse toujours sans la proposer la véritable promesse que recelait son titre : le désir du spectateur se trouve ainsi brillamment illustré dans l’introduction du métrage où Kong déambulant joyeusement dans un paradis exotique s’apercevra en jetant un tronc d’arbre que l’ensemble s’avère artificiel.

La destinée de ce dernier, jeté en pâture au bon désir des personnages, finit ainsi d’appuyer le propos d’un combat tellement vanté qu’on nous le présente rapidement sur un plateau, finissant ainsi peu à peu d’éteindre toutes les promesses d’un tel affrontement. Parce qu’à la vitesse où ce dernier se trouve exécuté, même de manière bien plus lisible que nombre d’affrontements de Godzilla II : Roi des Monstres, l’on assiste incrédule à un divertissement où la frustration règne en maître.

Attentes vs résultat


Parce que lorsque l’on comprend que les scénaristes ont une autre idée derrière la tête qu’un simple affrontement entre King Kong et Godzilla (déjà instillé dans le premier trailer) , le film d’Adam Wingard semble évertué à évoquer sans jamais approfondir un océan de possibilités qui s’avèreront toutes tuées dans l’œuf prises dans la course d’un inévitable climax final effaçant tout sur son passage.

De la possibilité d’un monde souterrain à l’existence d’une autre grosse firme que Monarch ayant remplacé leur leadership en matière de matériel de pointe détruit dix minutes après leur mise en marche, tout ce que propose le film se trouve sitôt proposé, aussitôt balayé. L’opération semble aussi maladroite qu’artificielle, tentative avortée d’enfin se concentrer sur un affrontement final censé contenter les attentes. On notera ainsi l’évocation d’une actualité récente, entre un King-Kong confiné et la présence d’un (sympathique) personnage complotiste, allégeant (un peu) une formule qui avait montré d’évidentes limites.

C’est déjà fini ? / © Legendary Pictures, Tōhō, Warner Bros

On n’en demandait ainsi pas tant à Godzilla vs Kong que de se concentrer sur sa promesse initiale pour un résultat de spectacle minéral à savoir le duel entre deux créatures de cinéma, dont les possibilités technologiques actuelles ainsi que les gros moyens mis en œuvre auraient pu offrir un véritable défouloir jouissif.

Malheureusement, le film d’Adam Wingard, s’il se veut conscient des défauts de ses prédécesseurs, ne peut hélas s’empêcher d’alourdir la formule pour un résultat qui tire partout sans jamais ne toucher sa cible. D’une promesse minérale, Godzilla vs Kong se la joue ainsi une fois de plus les yeux plus gros que le ventre. Le défi était pourtant de taille avec de telles créatures, finissant ainsi un peu plus d’enterrer le Monster-Verse vers les ersatz ratés de ses concurrents, en plus de s’éloigner du bonheur procuré (même dans ses pires nanars) par le mythique studio de la Tōhō. Un rendez-vous manqué, qui n’a finalement d’alléchant que son titre.

Godzilla vs Kong sera disponible en VOD à partir du 22 avril.

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Détails :

Date de sortie
24 mars 2021
Genres
Action, Science Fiction
Résumé
À une époque où les monstres parcourent la Terre, et alors que l’humanité lutte pour son avenir, Godzilla et King Kong, les deux forces les plus puissantes de la nature, entrent en collision dans une bataille spectaculaire inédite. Alors que Monarch se lance dans une mission périlleuse en terrain inconnu, et qu’il découvre des indices sur les origines des Titans, un complot humain menace d’éradiquer ces créatures – qu’elles soient bonnes ou mauvaises – de la surface de la planète.
Durée
1 h 53 min
Production
Warner Bros. Pictures, Legendary Pictures
Acteurs
Alexander Skarsgård, Millie Bobby Brown, Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Shun Oguri, Eiza González, Julian Dennison, Lance Reddick, Kyle Chandler, Demián Bichir, Kaylee Hottle, Hakeem Kae-Kazim, Ronny Chieng, John Pirruccello, Chris Chalk, Conlan Casal, Brad McMurray, Benjamin Rigby, Nick Turello, Daniel Nelson, Priscilla Doueihy, Kei Kudo, Bradd Buckley, John Walton, Daniel Tuiara, David Castillo, Kofi Yiadom, Jim Palmer, Drew Walton, Tara Wraith, Felicia Wickliff, Ken Watanabe, Amber Walls, Scott Wallace, Jason Virgil, Grisel Toledo, Lara Thomas, Jason Szabo, Jason Speer, Andrea Elizabeth Sikkink, Sen Shao, Rob Schyff, Scott M. Schewe, Daniel Santana Jr., Charles Sans, Tasneem Roc, Diezel Ramos, Jon Quested, Joel Pierce, Sofia Nolan, Austin Morrison, Shawn McBride, Niam Mayes, Clay Mason, Van Marten, Steve Maggs, Victoria Liu, Jasmine Liew, Sonny Le, Santi Lawson

Critique écrite par : Kantain

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