Critique

Enfermés dehors : Cartonesque
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Albert Dupontel compile ses deux précédents longs-métrages dans une comédie cartoonesque et chaleureuse où la noirceur laisse ici place à l’enfance et à une humanité nouvelle.

Enfermés dehors est un film d’ascension. Celle tout d’abord cartoonesque qui permet au récit et à nombre de personnages de véritablement s’envoler de leur morne quotidien, et l’ascension sociale que confère cette tenue de policier à Roland, SDF que personne ne voit et qui retrouve ici une place aux yeux de tous. Albert Dupontel relit ainsi ses deux précédents longs-métrages en joignant la farce sociale noire et cruelle de Bernie et les hauteurs divines du Créateur pour une synthèse plus chaleureuse et haute en couleurs. La photographie à la palette vivifiante du grand Benoît Debie confère ainsi à Enfermés dehors sa chaleur humaine débordante et prône une réconciliation entre gens de l’intérieur et du dehors dans un cartoon aussi délirant que chaleureux.

Gardien de l’apaisé

Gardien de la paix


Les panneaux publicitaires font ainsi rêver Roland, sans domicile fixe qui s’évade en aspirant de l’essence dans un sac plastique. Ecrasé derrière cette vie de consommation, l’on ne fait tellement plus attention à lui qu’un policier met fin à ses jours devant lui. L’occasion pour ce dernier tout d’abord de se remplir le ventre, puis de reprendre sa place dans une société qui l’a rendu invisible. Parce qu’Enfermés dehors reprend ici tous les motifs des deux précédents longs-métrages d’Albert Dupontel, ce dernier y insufflant une humanité nouvelle dans chacun de ses personnages, des bons aux plus mauvais, dans une comédie à l’insouciance enfantine qui constitue ses limites comme sa profonde qualité.

Parce que l’ennemi est ici le paraître, Albert Dupontel déshabillera chacun de ses personnages pour en révéler leur profonde humanité. Des costumes comme des combinaisons de survie dans une société qui décide de ranger des individus dans leurs cases, que le réalisateur prend ici un malin plaisir à exploser. Ainsi, si Albert Dupontel délaisse ici sa cruauté et son humour noir, c’est pour épouser le ton d’un film plus coloré et plus chaleureux où chaque personnage aura droit à une seconde chance. Plus humaniste que jamais, Enfermés dehors paraît ainsi derrière son toboggan infernal comme l’incarnation parfaite de la poésie qu’avait su si brillamment insuffler le cinéaste dans les décors désolés de Bernie.

“Puisqu’on vous dit qu’on a applaudit le personnel soignant Monsieur l’agent”

Parce que des squats désolés, ici transfigurés en lieux d’arts flashys, aux façades si parfaites d’un vendeur de supérette, d’un couple de parents retraités à un groupe de boursicoteurs pourris, le passage du protagoniste incarné par Albert Dupontel servira de révélateur à chacun des protagonistes croisés sur sa route explosive. Son costume de policier ici transfiguré en véritable gardien de la paix sociale guidera ses personnages vers un enfermement dans leur bêtise où une ouverture au monde. Enfermés dehors et son personnage paraissent alors comme un rappel haut en couleurs vers l’insouciance de l’enfance retrouvée, étouffée par une société égoïste et pourrie accrochée à ses apparences.

Parce qu’Albert Dupontel relit ses deux précédents longs-métrages, il le fait avec couleur et une humanité toute nouvelle, rendant attachante sa galerie de personnages et ce peu importe leurs classes sociales. Dans un pétaradant récit de réconciliation, Albert Dupontel livre avec Enfermés dehors une comédie toujours aussi frappée mais avec un fond nettement plus apaisé que ses œuvres précédentes. Gardien de la paix, et du bonheur enfin retrouvé.

Enfermés dehors est disponible sur Netflix, Prime Video, en DVD et coffret Albert Dupontel réalisateur.

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Détails :

Date de sortie
5 avril 2006
Genres
Comédie
Résumé
SDF, Roland trouve par le plus grands des hasards un uniforme de policier. Affamé, il l'enfile pour aller manger à la cantine d'un commissariat de police, où il croise une jeune femme sublime et désespérée dont la belle-famille refuse de lui rendre son enfant, à cause de son passé. Ce cas social devient la raison d'exister de notre héros, qui décide de rendre la justice lui-même, endossant son nouvel uniforme. Mais sa maladresse naturelle et sa détermination l'entraînent dans un terrible quiproquo lorsqu'il confond le nom des beaux-parents et celui d'un homme d'affaires médiatique…
Durée
1 h 28 min
Production
Eskwad, Contre Prod., Union Générale Cinématographique (UGC), France 2 Cinéma, Caroline Films
Acteurs
Albert Dupontel, Claude Perron, Nicolas Marié, Hélène Vincent, Yolande Moreau, Bouli Lanners, Bruno Lochet, Serge Riaboukine

Critique écrite par : Kantain

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