Critique

Bronx : Trous de balles
3.2 (5)

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Olivier Marchal débarque sur Netflix avec Bronx et son univers fait de polar poisseux et de figures masculines ultra-testostéronées. Pour un film sincère frisant parfois l’auto-caricature.

Cela faisait quatre années qu’Olivier Marchal n’était pas passé derrière la caméra. Carbone, son dernier film inabouti portait pourtant déjà les stigmates de que serait Bronx qui précipite une fois de plus des hommes vers un engrenage tragique. En s’ouvrant comme son prédécesseur sur des notes funestes, Bronx peut ainsi se voir comme une compilation du cinéma d’Olivier Marchal, ici poussé jusqu’à son paroxysme. En ne sachant plus se doser, le metteur en scène se répète jusqu’à la carricature d’un récit inutilement complexe pour un projet pourtant modeste : Celui d’une fois de plus, filmer le regard d’hommes perdus et rongés par une vie qui les dépasse et les fera irrémédiablement passer l’arme de l’autre côté.

Bronx : Trous de balles
” Vous êtes sûrs vous avez pas vu un certain Jacquouille ? “

Trous de balles


Parce que des armes, il y en a dans Bronx, accompagnant chacun de ses personnages dans des dialogues empesés qui ressemblent ainsi plus à des balles de fusil à pompe que de véritables lignes de texte. Le paysage codifié des films d’Olivier Marchal est ici poussé vers une improbable intrigue faisant se confronter tour à tour flics de l’antigang, brigade adverse, mafia corse et quartiers Nords Marseille: inutile de dire que le metteur en scène lui-même à du mal à y voir clair et ce n’est finalement pas ce qu’il l’intéresse, ni là que se trouve la réelle réussite de Bronx. Une fois de plus, ce que sait sincèrement filmer Olivier Marchal, ce sont les regards d’hommes dans la tourmente, engagés dans un combat tragique dont eux-mêmes se trouvent pris en otages.

Ainsi, c’est une fois que Bronx se déleste de sa lourde intrigue pour regarder ses hommes tomber que le film sort véritablement du polar testostéroné pour se concentrer sur la tragédie, convoquant tour à tour l’opéra puis un fabuleux titre venu d’outre-tombe du grand Alain Bashung. Parce qu’Olivier Marchal ne se loupe jamais lorsqu’il filme la souffrance masculine, qu’elle soit liée au deuil où à une vie de flic douloureuse et envahissante dans le classieux 36, Quai des Orfèvres et l’ultra-noir MR73. Le poids d’un métier que l’on prend trop à cœur et d’un environnement qui nous dépasse jusqu’à influer sur le cercle familial, autre sujet cher au réalisateur qui dépeint une fois de plus avec Bronx l’impossible évasion de personnages rongés par un combat mortel.

Bronx : Trous de balles
” Qui c’est qu’on va baptiser à coups de poings dans la tronche ? “

Il faudra ainsi laisser le temps à Bronx de révéler sa vraie nature et entrevoir enfin Olivier Marchal se délester de ses lourdes habitudes pour s’apercevoir que son message est toujours aussi sincère, même noyé sous des torrents de testostérone. Ainsi, même si ni Lannick Gautry, ni Kaaris ni même David Belle ne possèdent la stature d’acteurs précédemment passés devant la caméra du réalisateur, leur combat désespéré demeure intact, et même inutilement complexe, s’avère finalement aussi lisible que le cœur que possède Bronx derrière son imposant gilet pare-balles.

Même si Bronx se présente d’abord comme une compilation caricaturale du cinéma d’Olivier Marchal en frisant parfois la parodie, le film demeure derrière ses allures testostéronées une œuvre sincère de son auteur qui pousse ici les curseurs pour donner encore plus d’ampleur à la destinée tragique d’hommes pris dans une engrenage infernal. Derrière le gilet pare-balles et les punchlines pesantes, le cœur des hommes.

Bronx est disponible sur Netflix.

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Détails :

Date de sortie
30 octobre 2020
Genres
Thriller, Action, Drame, Crime
Résumé
Pris entre la corruption policière et la guerre des gangs de Marseille, un flic prend les choses en main afin de protéger son équipe.
Durée
1 h 56 min
Production
Gaumont
Acteurs
Lannick Gautry, Stanislas Merhar, Kaaris, Jean Reno, David Belle, Gérard Lanvin, Moussa Maaskri, Catherine Marchal, Francis Renaud, Erika Sainte, Barbara Opsomer, Ambre Pietri, Jeanne Bournaud, Cédric Appietto, Ange Basterga, Virgile Bramly, Claudia Cardinale, Dani, Ériq Ebouaney, Carl Ernouf, Alain Figlarz, Michelle Figlarz, Pierre-Marie Mosconi, Ange Notari, Jean-Pierre Sanchez

Critique écrite par : Kantain

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